Un backlink acheté sans objectif chiffré ne vaut pas grand-chose. Un audit SEO qui finit dans un tiroir numérique non plus. Julien Jimenez, consultant SEO installé à Lyon, structure son activité autour d’une question simple : qu’est-ce que cette dépense doit rapporter. Actif dans le web depuis la fin des années 2000, il présente sur le site de Julien Jimenez un parcours entamé à une époque où le référencement se jouait encore largement sur le volume de liens plutôt que sur leur pertinence.
Sous le pseudonyme Korleon, il tient d’abord le blog korleon.fr et anime les comptes Twitter @korleon38 puis @KorleonKBiz, avant d’être reçu au podcast SEO de Laurent Bourrelly, consultant actif depuis 2004 et figure ancienne du métier en France. Dès 2007, il positionne des sites sur des requêtes concurrentielles dans le top 3 de Google, alors qu’il n’a pas encore atteint la trentaine. Il se dit consultant indépendant depuis 2009. Il dit n’avoir « connu qu’une seule activité, le web », une phrase qui résume un parcours sans détour vers d’autres métiers.
L’audit comme point de départ, pas comme finalité
Diagnostiquer avant de dépenser
Un audit SEO dit « 360 » examine la vitesse de chargement, l’indexation, le balisage technique et la structure de contenu d’un site. C’est un inventaire, pas un objectif en soi : sa valeur tient à ce qu’il déclenche ensuite. Jimenez revendique une méthode en trois temps, audit et stratégie d’abord, mise en œuvre ensuite, croissance mesurée en dernier lieu. Cette dernière étape distingue une prestation vendue d’une prestation qui tient ses promesses : sans mesure, l’audit reste un document, pas un levier.
Discover, un canal à part
Il compte parmi les rares spécialistes français de Google Discover, ce flux qui alimente l’application Google sur mobile sans passer par une requête tapée par l’utilisateur. Le trafic qu’il génère peut être conséquent, mais il reste volatil : une chute de visibilité peut survenir du jour au lendemain, sans qu’aucun changement technique identifiable ne l’explique. Intégrer sa logique dans une stratégie de contenu suppose de comprendre un signal difficile à stabiliser, ce qui explique pourquoi peu de consultants s’y attardent vraiment.
Le netlinking comme levier, la croissance mesurée comme verdict
Une agence bâtie sur la durée
Le netlinking reste la signature de Jimenez. Un lien externe fonctionne comme un vote de confiance qu’un autre site accorde au sien : Google l’interprète comme un signal d’autorité, à condition qu’il provienne d’une source elle-même crédible et thématiquement cohérente avec la page ciblée. Fondée au début des années 2010, son agence Korleon’Biz embauche son premier salarié en 2013 et compte une dizaine de collaborateurs dès 2016, une équipe à taille humaine, largement à distance, réunie lors de séminaires réguliers. Parmi les références citées figurent CuisineAZ et 1001Pharmacies. Sur le recrutement, Jimenez expliquait en interview pour e-works.fr : « En tant qu’agence, recruter des référenceurs qualifiés devient un vrai défi », un constat que confirme la rareté des profils formés en France sur ces sujets.
En 2018, il lance NextLevel.link, une plateforme de netlinking qui revendique aujourd’hui plus de 20 000 sites utilisateurs et environ deux millions de liens orchestrés. Ces chiffres, mis en avant par la plateforme elle-même, mesurent un volume d’activité plus qu’une garantie de résultat : un lien orchestré n’est pas automatiquement un lien qui pousse un site en première page. C’est précisément l’écart entre volume et rendement que la mesure de croissance est censée combler : chaque lien posé doit se traduire par une évolution constatée de positionnement ou de trafic, sans quoi il n’a servi qu’à gonfler un compteur.
Jimenez intervient aussi comme conférencier et formateur dans les événements SEO francophones. Le 7 avril 2023, il donne à la Warehouse de Nantes une conférence intitulée « La ténacité au service de la passion », dans le cadre de Webisland. On l’a aussi vu à SEO By Night, à Orléans, où il a partagé la séance de questions avec Romain Miikula. Il compte 14 recommandations LinkedIn d’experts du secteur, un indicateur de réputation professionnelle qui, sans remplacer un chiffre d’affaires ou un classement Google, situe un parcours construit sur la durée plutôt que sur un coup ponctuel.